La micro-station d’épuration : le guide complet

La micro-station d’épuration est un dispositif de traitement des eaux usées qui reprend le même principe que celui d’une station d’épuration urbain de l’assainissement collectif, mais en version réduite. Selon certains utilisateurs, c’est l’alternative parfaite aux solutions classiques telles que l’épandage ou la fosse. Si vous souhaitez installer une micro-station individuelle, mais que vous avez encore de nombreuses questions à répondre avant de décider, ce guide complet vous donnera toutes les informations que vous cherchez sur ce dispositif d’assainissement, dont l’installation relève des compétences du SPANC.

Micro-station d'épuration installée

Qu’est-ce qu’une micro-station d’épuration ?

La micro-station est un dispositif d’assainissement des eaux usées, utilisé par les maisons qui ne peuvent pas se connecter au réseau d’assainissement collectif. Sa particularité, c’est qu’elle combine le traitement et le prétraitement à la fois. Ce sont des micro-organismes comme des bactéries et des enzymes qui se chargeront détruire la matière organique. C’est ce fonctionnement qui fait que cette solution soit considérée comme la plus respectueuse de l’environnement.

Les avantages de la micro-station d’épuration

La micro-station d’épuration procure de nombreux avantages :

Compacte

Certains modèles sont tellement compacts que vous n’avez pas besoin d’un grand terrain pour l’adopter. C’est notamment le cas pour les modèles 5 EH qui sont de 5 m² environ. Le plus intéressant, c’est que vous pouvez l’installer sans l’enterrer. Si vous n’avez pas de terrain, vous pouvez l’installer dans votre garage ou dans la cave par exemple.

Performante

Qui dit compacte ne veut pas dire moins performante. La micro-station d’épuration présente les mêmes performances épuratoires que celles des autres dispositifs. Certains modèles sont même largement plus puissants.

Facile à installer

Comme l’emprise au sol est moindre pour la micro-station, elle demande peu de travaux de terrassement. Il suffit de deux jours ou trois au maximum pour l’installer si tout est bien orchestré. Par conséquent, les frais liés à son installation seront également moins chers par rapport aux autres dispositifs.

Durable

Une installation micro-station d’épuration peut durer jusqu’à plus de 20 ans.

Pas d’odeur

L’odeur est pratiquement inexistante avec cette installation, car la fermentation est courte

Les inconvénients de la micro-station

Ce dispositif présente de nombreux atouts considérables, mais il n’est pas parfait.

Alimentation électrique

La micro-station est dotée d’un compresseur qui permet de maintenir l’alimentation en oxygène, et ceux, en permanence. Ce compresseur doit être alimenté en électricité toute l’année, ce qui peut augmenter la facture chaque année. C’est également à cause de cette alimentation en électricité en permanence qui rend impossible d’installer ce dispositif en résidence secondaire. Si les propriétaires sont absents alors que l’électricité a été coupée, la micro-station ne fonctionnera pas normalement.

La charge qui varie

La micro-station d’épuration risque de dysfonctionner si la charge varie considérablement (c’est-à-dire aux changements de volume des eaux usées à traiter). Si vous devez vous absenter pendant très longtemps, cette solution n’est pas pour vous. Par contre, elle ne devrait pas rencontrer de problème si vos absences ne sont pas très longues.

L’entretien

Lors que la boue commence à monter (30% du volume des eaux usées), il faut la vidanger. Il est aussi recommandé de faire appel à un revendeur qui doit l’entretenir régulièrement pour profiter pleinement de ses atouts.

Fonctionnement d’une micro-station

On peut diviser le fonctionnement d’une micro-station d’épuration en trois phases :

Phase 1 : la décantation

Lors de la phase de décantation qui se fait dans le premier compartiment, les constituants liquides remontent en surfaces tandis que les constituants solides restent au fond. C’est la phase pendant laquelle les matières organiques sont dégradées, que les matières en suspension sont décantées et que les éléments flottants sont retenus. Les polluants seront homogénéisés, qu’ils soient chimiques ou organiques.

Phase 2 : la pré-clarification

La phase suivante se passe dans le réacteur biologique où les périodes d’aérobie et les périodes d’anoxie sont altérées. La première se réfère à l’apport oxygène tandis que le second à la privation d’oxygène aux bactéries. Grâce à ce procédé, la matière organique se dégrade rapidement avec la voie aérobie. C’est la phase où l’ammonium sera nitrifié et où la pollution sera diminuée.

Phase 3 : La clarification

C’est la phase d’épuration qui consiste à enlever les boues légères qui persistent avant que les eaux ne soient rejetées en milieu naturel. Certains modèles de micro-stations permettent de combiner les deux dernières phases tandis que d’autres les traitent séparément.

Les différents types de micro-station d’épuration

La différence entre les trois principaux types de micro station réside dans la mise en œuvre des bactéries.

Les micro-stations à cultures libres agréées

C’est le type de traitement des eaux usées suivant le principe de la dégradation aérobie, c’est-à-dire l’épuration des eaux usées domestiques selon le principe de la dégradation par les bactéries.

Les micro-stations à cultures fixées agréées

Les bactéries sont plus nombreuses et sont fixées dans un support, généralement en fibres végétales, mais vous trouverez également des supports en minéraux ou en laine de roche.

Les micro-stations SBR

C’est le modèle qui ne nécessite pas d’électricité ni de pompe et tous les processus se passent dans la même cuve. En plus d’être compact, ce système est facile à entretenir, les eaux épurées sont de qualité et son installation est relativement facile.

On peut également évoquer la micro-station filtre compacte qui ne nécessite pas d’électricité. Le prétraitement des eaux se fait dans une fosse tandis que le massif filtrat se charge d’épurer l’eau.

Quel que soit votre choix, ce type de solution d’épuration d’eaux doit être conforme aux exigences du ministère de l’Écologie et du Développement durable.

La pose et l’entretien d’une micro-station d’épuration

La pose

Avant de poser une micro-station d’épuration, il faut niveler la fouille et recouvrir le fond d’un lit de pose. Pour cela, il faut commencer par mélanger du sable et du ciment dont la dose est de 200 kg pour 1 m³ de sable au minimum. Il est possible d’utiliser du sable stabilisé ou de la gravelle à la place du sable.

Une pente maximale de 1% est prévue pour la pente de tuyau d’évacuation qui sert à raccorder le système d’infiltration et la sortie de la coque. Il faut savoir que le dimensionnement de l’infiltration peut varier d’une installation à une autre, car elle dépend de la perméabilité du sol.

Pour la ventilation, il faut qu’elle soit constituée d’une entrée d’air et d’une sortie d’autre. Elle doit être située en hauteur avec un diamètre minimal de 100 mm. Normalement, vous devriez avoir un guide d’installation et d’entretien lors de l’achat du dispositif.

L’installation d’une micro-station se fait en 9 étapes :

  • Étude de votre projet d’ANC avec une micro-station d’épuration

  • Obligations et démarches avant travaux

  • Réaliser la fosse et les tranchées

  • Poser la microstation

  • Raccorder dles canalisations

  • Mettre en place la tranchée d’infiltration

  • Raccorder les installations électriques et les mettre en service

  • Vérifier la conformité

  • Remblayage

L’entretien

La micro-station nécessite une surveillance régulière pour assurer son bon fonctionnement, en vérifiant si elle n’émet pas de bruit ou d’odeur inhabituelle. Vérifiez surtout les systèmes d’alarme, la bonne alimentation électrique ou encore le fonctionnement de la turbine. Généralement, vous n’avez pas besoin de l’intervention d’un expert pour cette opération. La vidange doit être effectuée quand le volume des boues dépasse 30% du volume total de la cuve de décantation. Cette opération doit être effectuée par un expert reconnu par le préfet du département.

Il faut également le contrôle annuel qui consiste à vérifier ses différents éléments électromagnétiques. Vous pouvez également le réaliser, mais il est plus rassurant de faire appel à un professionnel de l’assainissement non collectif. Ce contrôle est plutôt d’ordre technique (filtre compresseur à remplacer, niveau des boues, alarmes, exutoire…). Normalement, le constructeur devrait inclure dans le pack un manuel d’utilisation lors de le l’achat du dispositif.

Micro-stations d’épuration : réglementation et normes

La micro-station d’épuration biologique se présente comme la plus pratique du fait que les processus de et de prétraitement se font au sein d’une même cuve. Cet avantage est réitéré par l’arrêté du 7 septembre 2009. Par ailleurs, les articles 11, 12 et 13 de ce même arrêté parlent également de la performance de ce dispositif, permettant de rejeter les effluents dans le milieu naturel par infiltration ou en rejet superficiel. Autrement dit, les micro-stations d’épuration sont reconnues en tant que solution respectueuse de l’environnement.

Pour qu’une micro-station d’épuration puisse être utilisée, il faut qu’elle passe par des contrôles et bénéficiant d’un marquage européen CE-12566-3 (+A1) ainsi qu’un numéro d’agrément national. Selon l’article 1792-6 du Code civil, toutes les opérations classées comme des ouvrages doivent faire l’objet d’une réception des travaux pour qu’il y ait garantie de parfait achèvement.

Micro-station d’épuration le budget à prévoir

Le prix par type

Le coût d’un système d’assainissement individuel complet de type micro station peut varier entre 5000 et 15 000 €, selon le type de dispositif que vous choisissez. La moins chère reste la micro-station type 4 ou 5 EH, puis la micro-station type 6 ou 7 EH, suivie de la micro-station type 8 ou 10 EH et la plus chère est la micro-station type 20 EH. Cela comprend les frais administratifs, le prix du dispositif lui-même, le coût de l’installation, l’entretien ainsi que les frais de fonctionnement.

Pour une micro-station enterrée, vous devez également prendre en compte la topographie et l’accès du terrain qui influeront considérablement sur le coût global. En moyenne, le terrassement vous coûtera entre 20 et 50 € le m3. Considérez également le raccordement électrique qui coûtera entre 40 et 60 € ainsi que le compresseur qui est vendu dans les 200 à 400 €.

Budget de fonctionnement

La plupart des micro-stations d’épuration fonctionnent à l’électricité. La consommation électrique de ce dispositif reste néanmoins infime, car elle ne dépasse généralement pas les 60 € par an.

Coût de l’entretien

Pour l’entretien de micro-station, comptez tout d’abord le prix de la vidange qui est comprise entre 120 et 280 €. Par ailleurs, il est possible de signer un contrat de maintenance lors de son achat, ce qui vous permettra de bénéficier d’un entretien ponctuel chaque année pour un prix qui ne dépasse pas les 150 €. En somme, prévoyez dans les 300 à 400 € chaque année pour la maintenance de votre installation (maintenance + vidange).

Les frais administratifs

Les frais administratifs comprennent l’étude de sol qui coûte entre 350 et 750 €, le contrôle obligatoire et périodique du SPANC qui coûte environ 150 ou 200 € tous les 5 à 10 ans ainsi que la visite de fin de travaux pour la conformité du SPANC qui peut aller jusqu’à plus de 300 €.

Comment trouver une micro-station d’épuration adaptée à son budget ?

Il est possible de trouver une micro-station d’épuration qui a été déjà utilisée, mais c’est très rare. Compte tenu de ses avantages, peu de particuliers s’en débarrassent à moins qu’ils puissent enfin profiter d’un raccordement au réseau collectif. Toutefois, vous pouvez adopter quelques ruses pour payer moins lors de l’installation d’une micro-station d’épuration.

Tout d’abord, le terrain doit être le plus accessible possible. Si vous pouviez éviter les pans de terrain rocheux, cela allègera les travaux. C’est notamment le cas pour les terrains contenant de glaise qui nécessitent des travaux de coffrage. Si vous n’avez pas le choix, n’hésitez pas à vous renseigner sur les modèles qui ne requièrent pas de béton. Vous pouvez garder les déblais de décaissement sur place en trouvant quelques astuces, cela minimisera également le coût final. Enfin, arrangez-vous pour faciliter le chantier afin d’éviter les pompes de relevage ou le caisson. Il ne faut pas négliger le choix de matériau, à savoir que le PVC reste actuellement le moins cher sur le marché pour une cuve et le béton est le plus cher. Si vous cherchez un matériau pas trop cher, mais fiable, optez pour le PVR (polyester renforcé à la fibre de verre).

Conclusion

Bien que la micro-station ne soit pas la solution la plus parfaite, elle présente des avantages qui dépassent largement les points négatifs. Étant compact, facile à installer, facile à entretenir, moins cher par rapport aux autres dispositifs et très complet, elle est aussi pratique qu’économique.

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